Football : quand Bergerac oublie la solidarité
Dans un communiqué officiel publié le 16 février 2026, le District Football Dordogne tenait à exprimer sa « profonde gratitude envers les municipalités de Ribérac et Trélissac (…) pour l'accueil de ce dimanche 15 février », mais regrettait « que la commune de Bergerac n'ait pas donné une suite favorable à notre demande, et ce malgré l'existence d'une convention signée. Cette décision n'a pas permis d'apporter la contribution attendue dans ce contexte exceptionnel ».
Les conditions météorologiques exceptionnelles que traverse la Dordogne depuis plusieurs semaines ont profondément désorganisé la vie sportive départementale. Clubs, bénévoles, arbitres, familles : tous font face à des contraintes inédites qui exigent souplesse, coopération et sens des responsabilités de la part des collectivités publiques.
Dans ce contexte, la réaction de certaines communes, capables d’ouvrir leurs équipements et d’assumer pleinement leur rôle de partenaires du sport amateur, mérite d’être saluée. Elle rappelle une évidence : le sport n’est pas une charge, c’est un bien commun. Il repose sur un équilibre fragile, fondé sur l’engagement bénévole et la solidarité territoriale.
À l’inverse, le refus opposé par la commune de Bergerac à la demande du District Football Dordogne interroge. Non seulement parce qu’une convention existe, mais surtout parce qu’il révèle une conception étroite de l’action publique : celle d’une municipalité prompte à solliciter subventions, aides et accompagnements dès qu’il s’agit de ses propres projets, mais soudain absente lorsque la solidarité est attendue.
Cette posture n’est pas à la hauteur des enjeux. Une ville-centre ne peut se contenter de raisonner pour elle-même. Elle a une responsabilité particulière vis-à-vis de son bassin de vie, de ses associations, et plus largement du territoire dont elle bénéficie chaque jour des dynamiques humaines, économiques et sportives.
Le sport amateur, et le football en particulier, ne demandent pas des privilèges. Ils demandent du respect, de la constance et des partenaires fiables. Refuser d’aider dans une situation exceptionnelle, c’est fragiliser tout un écosystème déjà sous tension.
Le temps viendra de tirer collectivement les enseignements de cet épisode.
Mais une chose est certaine : nous aurons besoin demain d’une gouvernance municipale qui considère la solidarité non comme une option, mais comme un principe. Une ville qui joue collectif. Une ville qui assume ses engagements. Une ville qui comprend que l’intérêt général ne s’arrête pas aux grilles de ses équipements.
